De Mendoza à l’Aconcagua, il y a un très très long pas !

récit de voyage no 3

Mendoza est une ville plaisante et très verte possédant de nombreux parcs très arborés, dont de nombreuses espèces rares. Bordées d’arbres, les rues forment de véritables tunnels de verdure, permettant d’y cheminer à l’ombre.

Nous logeons au Chimbas Hostal, situé un peu en dehors de la ville. C’est un endroit fort sympathique, avec une jolie terrasse et piscine. Claudio, le propriétaire, fait tout son possible pour accommoder le client. Cela devient notre camp de base durant notre séjour à Mendoza.

Voilà longtemps que Pascal a envie d’essayer de faire l’ascension de l’Aconcagua, situé à 6962 m et surnommé le "colosse de l’Amérique". C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi cette année l’Argentine comme destination. À peine arrivés à Mendoza que très rapidement nous mettons tout en œuvre pour réaliser ce projet. Après avoir visité plusieurs agences qui proposent cette expédition, nous choisissons de passer par la petite agence Mallku tenue par deux frères, Victor et Juan Herrera, tous les deux guides de montagnes.

Sur les conseils avisés de Victor nous partons nous acclimater à l’altitude et nous entraîner quelques jours à la station de ski de Vallecitos.... Nous logeons dans le charmant refuge de San Bernardo, 2800 m . Ce sympathique refuge est situé dans le parc provincial protégé du Cordon del Plata à Vallecitos. Nous découvrons un magnifique site de randonnées. Il y en a pour tous les goûts, des treks des plus faciles au plus durs... Le paysage est splendide, chaque jour nous croisons dans nos balades des chevaux, des guanacos.

De plus, nous faisons de charmantes et intéressantes rencontres.
Il y a Cristina qui telle une sherpa, en guise d’entraînement pour l’ascension de l’Aconcagua, transporte chaque jour sur son dos un énorme sac en haut de la montagne.

Il y a Fernanda Marciel, 2ème rang féminin mondial en ultra trail qui loge dans le même refuge que nous et qui, accompagnée de son mari et de Rubens sont entraîneur, s’entraîne ferme pour réaliser son prochain projet: établir un nouveau temps de référence féminin pour l’ascension de l’Aconcagua. http://www.fernandamaciel.es.

Le nouveau record mondial masculin vient d’être établi le 23 décembre par Killian Jornet http://www.lenouvelliste.ch/fr/sports/autres-sports/montagne-kilian-jornet-bat-le-record-de-l-aller-retour-sur-l-aconcagua-6962m-en-12-h-49-613-1392301

Voilà de quoi nous couper le souffle. Les athlètes sont devenus des sur-hommes...

Il ne faut pas oublier de mentionner Jessica, une sympathique et passionnante guide de haute montagne chilienne qui a déjà fait plusieurs fois avec des clients l’ascension de l’Aconcagua. Elle nous raconte ses expériences et ses aventures à l’Aconcagua. À l’écouter, on devient très humble.
 
Et enfin il y a Pascal qui parmi toutes ces personnes super entraînées prend lentement conscience (après 3 jours d’excursion, dont une à plus de 4000 m.) qu’il est loin d’être prêt pour attaquer ce colosse et qu’il doit faire un choix entre se donner plus de temps pour s’entraîner (ce qui implique empiéter sur notre voyage) ou reporter l’ascension de l’Aconcagua à une autre fois et continuer comme prévu notre voyage. Mais c’est bien d’en être conscient avant de se lancer dans cette expédition qui n’est pas de tout repos. Malheureusement, beaucoup trop de personnes négligent la vraie difficulté et se lancent tête baissée dans l’ascension pour souvent finir malades.

Le permis pour faire l’ascension de l’Aconcagua est extrêmement cher, USD 800.- pour un maximum de 20 jours dans le parc ! Voyageant avec un tout petit bagage nous aurions dû louer tout le matériel, et la location du matériel n’est également pas bon marché ! Résultat des courses cela aurait été une expédition fort onéreuse pour quelqu’un qui n’est pas au top de l’entraînement.

Ne pouvant quand même pas partir vaincus, nous décidons néanmoins de faire un trek de trois jours au pied de la montagne.

Nous partons légers avec le strict nécessaire: des habits très chauds, sac de couchage, pique-nique pour 3 jours, eau, crème solaire, bref des sacs de env 12 et 18 kgs chacun. Il faut avouer que nous sommes devenus un peu bourgeois. Dans nos bagages nous n’avons ni tente, ni matériel de cuisine, ni nourriture ! Nous sommes nourris et logés au camp de base...  Déjà que l’on doit s’habituer à l’altitude, on ne va pas encore devenir des sherpas en un tour de bras !

Arrivées au terminal de bus, les personnes partant pour l’Aconcagua ne passent pas inaperçues. C’est celles qui ont  les sacs à dos les plus hauts, les plus lourds et qui ressemblent à des dieux Shiva tant ils ont de bagages à porter ! Nous vous avouons que cela ne nous donne pas envie.

Le bus nous amène à la mini station de ski de Los Pénitentes à 2580 m. Avec nous descendent un couple suisse de Lausanne, un couple espagnol de Malaga et 4 Norvégiens. Tous prêts à tenter la grande aventure. Les suisses, pour ne pas perdre l’acclimatation acquise à Vallecitos, partent directement en direction de la Plaza Argentinas, quant aux 6 autres nous passerons Nouvel An ensemble dans le refuge où nous logeons à Pénitente.

Le lendemain, nous faisons notre entrée dans le fameux parc de l’Aconcagua à Los Horcones et après une jolie grimpette de  3 h 15  dans un paysage splendide, nous rejoignons le camp de Confluencia à 3370 m. Nous sommes comme des rois du moins presque. Nous logeons dans une grande tente (10 personnes), mais nous aurons la tente pour nous tout seuls durant les deux nuits. Pas besoin de nous soucier des repas, Carolina nous concocte trois repas par jour, quel luxe. Nous avons presque honte, car à côté de nous des Allemands ont planté leur toute petite tente et préparent leur repas alors que nous, nous sommes soignés comme des rois. Le lendemain, nous avons à nouveau de la chance, il fait un temps splendide pour aller à Plaza Francia 4200m (5h) d’où l’on peut voir l’impressionnante face sud de l’Aconcagua. Si à cette altitude les montagnes sont nues de végétation en revanche, dû aux différents minéraux, elles sont d’une variété de couleurs infinie, et lorsque le soleil est de la partie cela ressemble à la palette d’un peintre.


Nous retournons à Mendoza le lendemain, heureux d’avoir tout de même pu vivre une mini aventure dans le parc de l’Aconcagua et d’avoir pu vibrer au rythme de tous les aventuriers. Nous pensons fort à tous ceux qui, péniblement essayent de gravir le sommet de cette montagne tant capricieuse.

Quelques chiffres et anecdotes:

Le plus jeune ayant gravi l’Aconcagua est Tyler Amstrong, 9 ans ! (27 décembre 2013) Et le plus âgé 85 ans ! Il n’y a que 30% de réussite. Il n’y a pas très longtemps un Russe a fait l’ascension avec comme unique nourriture du pain et du miel. Chaque année il y a des morts, la nation comptant le plus grand nombre de disparus est le Japon, l’échec étant mal perçu dans leur culture et donc ils persistent dans leurs efforts.

Demain, nous irons visiter quelques bodegas, histoire de découvrir le vin argentin, nous l’avons bien mérité. Puis le jour suivant nous partirons pour Valparaiso, le mythique port chilien.