Buenos Aires, un petit goût venu d'Italie !

récit de voyage no 1

Après une nuit passée à Istanbul, puis 17 h dans un avion, nous arrivons enfin en Argentine. Buenos Aires est une immense ville. Elle est plus peuplée que toute la Suisse réunie, pas étonnant un Argentin sur trois habite la capitale. Étrangement, ici, nous ne nous sentons pas dépaysés. L’espagnol parlé en Argentine est particulier, d’une part il prononce « Je », Che », mais le plus déroutant est que la mélodie de cette langue ressemble étrangement à l’italien.

Nous logeons chez l’habitant. Gabriel, 48 ans est accueillant, chaleureux, ouvert, intéressant, cultivé et de bons conseils. Sa femme Célestine, 32 ans est une jolie petite bonne femme pétillante, gaie, dynamique qui court de tous les côtés et rêve d’avoir un peu plus de temps pour elle. Benjamin, leur fiston de 3 ans sait déjà bien ce qu’il veut lorsqu’il est assis derrière l’ordinateur. Tia Alisa, 80 ans, tante de Gabriel, est un personnage unique en son genre, drôle, sympathique, très indépendante, son dada est d’aller jouer au casino. Et puis il y a Léo et Dandy les deux chiens qui par leur regard expressif vous font craquer, sans oublier Marie Helene et Gonzales, les deux tortues, même si en partie elles sont très discrètes, en revanche il faut toujours faire attention où l’on pose les pieds, car elles ont quartier libre et se baladent où bon leur semble dans les couloirs. Bref, c’est une expérience bien sympathique que de partager pendant quelques jours leur maison.

Notre logement est situé dans le quartier populaire de San Telmo. Ici l’architecture hétéroclite nous fait un peu penser à La Havane. Beaucoup de vieilles maisons un peu délabrées sont rafistolées de manière originale. San Telmo by night est plein de vie et de couleurs. Le dimanche, c’est jour du marché aux puces, il y a de quoi passer toute la journée à se balader parmi les différents stands de vieux disques, d’argenterie, de bijoux, chapeaux..., on peut aussi assister à des spectacles de rue, tels que mini orchestre jouant du milonga, groupes de musique, marionnettiste, magiciens, chanteurs et danseurs de tango. C’est un vrai régal pour les yeux et les oreilles.

Chez Gabriel nous faisons la connaissance d’un charmant couple de Fribourgeois. Daniel et Yolande suivent depuis un mois des cours de tango. Au dire de Daniel, les hommes ayant un petit ventre seraient de meilleurs cavaliers, car leur ventre leur permettrait de mieux guider leur partenaire. Alors Messieurs ! vous qui prenez du ventre, ne désespérez pas: vous commencez à avoir de bonnes prédispositions pour le tango. Pascal n’ayant pas encore trop de ventre et n’étant pas un danseur né, nous n’avons donc pas pu vérifier pour vous le bien-fondé de ces dires, c’est peut-être un thème à creuser !

Chaque quartier de Buenos Aires a un style particulier, les uns sont plus populaires les autres plus raffinés. Tiens en parlant de quartier, il y en a un bien particulier. Le quartier réservé aux morts ! Le cimetière de la Recoleta couvre une superficie de 55'000 m2 avec plus de 4870 tombeaux et pas des moindres. Il ressemble à un petit village où c’est à celui qui construit le plus grand et le plus beau tombeau orné de magnifiques statues en marbre. Si certains tombeaux sont splendides et d’une richesse inestimable, ils nous laissent néanmoins un goût bizarre. L’être humain est-il à ce point orgueilleux que même mort, son goût du paraître lui survive ?!

Il y a aussi ce fameux jour ou une petite balade au bord du fleuve a risqué de se finir en fin du monde ?! D’un seul coup le ciel s’est couvert de gros nuages noirs charbon accompagnés d’un vent violent, suivi pendant deux bonnes heures d’une pluie diluvienne. Ce fut impressionnant, heureusement nous n’étions pas loin d’un bon abri. Serait-ce ce fameux réchauffement de la planète qui nous joue des tours ?

Finalement après quelques jours à arpenter quelques rues de cette gigantesque ville, nous nous envolons pour Iguazu.