Bariloche

récit de voyage no 7

Retour en Argentine ou plutôt en Suisse ?

En fait dès maintenant nous nous trouvons dans la région de la Patagonie.

Bariloche ? C’est comme chez nous, dit ! D’ailleurs, elle est appelée la Suisse d’Argentine. On y trouve les hôtels Edeweiss, de Gstaad, Chamonix, Mont-Blanc, le Chalet suisse... il y a même les montagnes et les lacs qui ressemblent à notre chez nous. À tous les coins de rue, il y a des fabriques de chocolat.

Ici, on peut aussi manger des fondues ! Par curiosité, nous avons demandé dans un restaurant comment ils la préparent, en voici donc la recette. Ingrédients : mélange de différents fromages, entre autres gruyère, fromage du pays, roquefort et mozzarella, de la maïzena et on mélange le tout, ceci accompagné de petits cubes de pains, de saucisses, de tomates que l’on fait tremper dans le caquelon. Déjà que cela ne nous donne pas envie, mais quand on l’accompagne avec du Fanta, du Sprite et qu’en plus on y fait tremper des frittes et de la viande comme l’on fait nos voisins de table, là rien ne va plus, on a juste envie de prendre la fuite, mais quel carnage ! Voilà une bonne raison de rentrer au pays ! Avis pour les entrepreneurs qui aimeraient ouvrir un restaurant typiquement suisse avec des plats bien de chez nous, il y a peut-être de quoi faire par ici ! Autre clin d’œil suisse : sur la place principale de Bariloche, on s’arrache les photos en compagnie du gros St Bernard muni bien sûr de son tonneau (nous avons vérifié il n’y a pas de kirsch) et de son petit. Les pauvres chiens sont débordés.

Dans cette ambiance suizo-argentine, nous ne pouvons pas manquer d’aller visiter la colonie suisse. À la fin du 19ème siècle, la région fut peuplée par les premiers immigrants venant du Valais. On retrouve des noms de famille tels que : Goye, Mermoud, Cretton, Felley, Jackard. Ils fondèrent ainsi la première colonie suisse de Patagonie. Tous les mercredis et les dimanches il y a une foire artisanale où l’on peut manger toute sorte de choses, telles : truites, parilla, curanto (spécialité chilienne) ! Tout sauf des spécialités suisses. Pas vu de fondue, raclette, rœsti... Nous découvrons qu’il existe une bière artisanale du valais ! Elle n’est d’ailleurs pas mauvaise. Il y a une excellente ambiance, mais  nous étions probablement les seuls Suisses sur place !

Sur un autre registre un petit coup de bluff ! nous visitons l’hôtel Llao Llao qui se prononce chao chao chez les Argentins http://m.llaollao.com. C’est de loin le plus beau et le plus connu de toute la région. C’est le luxe, le calme et la volupté assurés ! N’ayant pas les moyens de nous offrir une nuit, nous nous sommes néanmoins offert une bière et un thé dans le magnifique salon où de nombreuses célébrités sont passées. J’y serais bien restée !

Bariloche est une ville très touristique qui a beaucoup à offrir, autant avec la beauté de ses paysages qu’avec les différentes activités sportives qu’elle propose. Il y a un air de vacances ici. Pas étonnant, ce sont les grandes vacances d’été. Tout le monde est bronzé et très occupé à faire du trekking, du rafting, du kayak, de la pêche, des visites et j’en passe.

Durant quelques jours, nous arpentons les chemins touristiques et faisons les excursions incontournables. Tout d’abord, bien que desservi par un télésiège, c’est à pied sur un joli sentier serpentant dans la forêt que nous rejoignons le mirador Campanario. De là nous pouvons admirer sur 360 degrés la vue la plus spectaculaire de la région, avec quelques-uns des nombreux lacs entourés des montagnes. Puis nous nous embarquons toute une journée sur un bateau qui nous fait découvrir deux lacs et des paysages ressemblant étrangement à un fjord norvégien avec ses pins denses à flanc de montagne et ses différentes couleurs d’eau. Nous arrivons enfin au pied de la cascade de los Cantaros où 720 marches en bois permettent de grimper le long de la cascade jusqu’au point de départ de la chute, un autre petit lac. La végétation que l’on observe est impressionnante, on pourrait presque se croire à nouveau dans une forêt tropicale alors que nous sommes au pied de la cordillère des Andes. Le lendemain, c’est un autre paysage qui nous attend, beaucoup plus aride. Nous empruntons le télécabine puis le télésiège qui nous amène sur les pistes de ski de la Station de Cerro Cathedral, qui est la plus populaire en Argentine et même la plus réputée de toute l’Amérique latine. Si durant l’été la station est un peu triste, comme la plupart des stations de ski d’ailleurs, nous n’avons pas de peine à nous imaginer en hiver skier dans cette belle région avec les lacs qui l’entourent. On ne peut pas quitter Bariloche sans faire la route (cette fois-ci) des Sept Lacs. Pour ce faire, nous louons à nouveau une voiture pour trois jours. Nous prenons la route direction San Martin de los Andes et suivons celle qui longe la rive des lacs, dévoilant des points de vue magnifiques. Nous profitons d’être à nouveau mobile pour aller faire un tour dans le parc national Lanin, l’un des parcs nationaux les plus vastes du pays. Nous montons au refuge (1200 m de dénivelé) qui se trouve sur les flancs du volcan Lanin. Avant de partir, nous devons d’abord passer l’inspection des gardes du parc qui vérifient notre équipement avant de nous donner le feu vert ! On déresponsabilise de plus en plus les gens à force de les contrôler. Car finalement ce n’était que de la randonnée, mais pas vraiment de l’andinisme...

Pour notre retour sur Bariloche, cerise sur le gâteau nous empruntons la route de el Valle encantado, où un paysage extraordinaire nous attend, on peut y admirer le résultat de siècles d’érosion. C’est spectaculaire, on dirait des sculptures de formes diverses, parfois des têtes parfois des animaux.

On y resterait bien encore un peu à Bariloche tant il y a de chose à faire, mais il est temps de continuer notre route.

Demain, nous partons pour Esquel (4 heures de bus) pour aller visiter le parc national los alerces. Puis direction El Chaltén.