Peninsula Valdes

récit de voyage no 13

C’est à bord d’un petit avion de la "Fuerza Aerea Argentina", compagnie d’aviation nationale, que nous quittons Ushuaia. Ça fait bizarre le pilote est vêtu d’habits militaires ! Durant toute la nuit et le matin de notre départ il souffle un vent patagonien euh ! ce n’est pas le moment, moi qui ai peur dans l’avion ! Nous volons sur Comodora Rivadavia avec une escale et changement d’avion à Rio Gallegos, env 2h30 de vol en tout. Comodora Rivadavia n’a rien d’extraordinaire, ce n’est qu’une étape. Le lendemain, nous prenons le bus (8h) jusqu’à Puerto Madryn, qui est une petite station balnéaire sympathique. Quel bonheur, nous avons retrouvé le soleil et la chaleur et pouvons enfin à nouveau mettre tous nos habits chauds au fond du sac. C’est bon d’être en été ou plutôt presque en automne.

Ce serait dommage de quitter l’Argentine sans visiter la Péninsule Valdés, réserve naturelle inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO comme d’ailleurs la plupart des parcs que nous avons visités. Elle est connue tout spécialement comme un lieu de reproduction pour les baleines, éléphants de mer, lions de mer, pingouins. Bien qu’en ce moment ce ne soit pas la bonne époque pour voir les baleines, nous pouvons néanmoins voir les autres animaux qui sont ici presque toute l’année.

La deuxième grande attraction, plus cruelle celle-là, est de pouvoir voir une ou plusieurs orques venant rapidement s’échouer sur la plage pour se nourrir de jeunes otaries ou éventuellement de pingouins. Imaginez-les se prélassant tranquillement sur la plage, les jeunes jouant innocemment et tout d’un coup, comme le grand méchant loup, une immense orque apparaît ouvrant sa grande gueule et hop en bouffe quelques-uns. Quel spectacle bien cruel ! Vous me direz c’est la nature ! Les orques ne viennent pas tous les jours. Ouf ces pauvres petites créatures ont des jours de répit! Voilà que j’ai une âme à la Brigitte Bardot ! Nous verrons quatre d’entre eux nageant très proche de la côte, faisant des va-et-vient sans vraiment décider quel restaurant choisir ! Les spectateurs sont prêts avec leur appareil photo. Finalement, pour mon grand soulagement (euh je dois être la seule à penser ainsi) ce jour ces grands prédateurs ont décidé de manger ailleurs...

Nous n’avons également pas pu nous empêcher d’aller snorkler avec les lions de mer (otaria flavescens). Quelle expérience émouvante ! Ils sont joueurs, curieux et peu craintifs. Nous nageons avec les femelles et leur petit, les mâles, plus renfrognés sont moins sociables ! C’est craquant quand ils nous regardent avec leurs grands yeux coquins et qu’ils viennent nous frôler et même nous toucher parfois. C’est à ces moments-là que nous regrettons notre vie d’antan, où, de notre bateau, régulièrement nous plongions à l’eau pour rejoindre les poissons, les tortues... C’est tout autre avec une excursion, nous avons droit à 45 min dans l’eau et pas une minute de plus ! Je dois avouer que bien que j’aie eu énormément de plaisir, je suis restée sur ma faim et cela m’a donné un goût de nostalgie.

Avec leur corps en forme d’énorme saucisse, les éléphants de mer ne sont pas vraiment avantagés, et pourtant si l’on observe uniquement leur frimousse, celle-ci peut, suivant les mimiques qu’ils font, être très expressive et pleine de tendresse avec ses grands yeux noirs. On pourrait rester des heures à les observer. Cela dit, je n’aimerais pas me réincarner, si réincarnation il y a, en éléphant de mer...

Et il y a aussi l’immense colonie de pingouins que nous visitons à Punta Tombo. C’est la plus grande colonie de reproduction au monde des manchots de Magellan ( Spheniscus Magallanes), il y en a partout. Si durant l’époque de reproduction on en compte plus d’un million, en mars il en reste encore plus de 200 000...

En parlant d’animaux, il y a en Patagonie presque autant de chiens que d’habitants ! Il y a ceux qui sont libres comme l’air qui appartiennent à tout le monde et à personne et qui, à leur bon gré, font un petit bout de chemin avec les personnes qui leur semblent sympathiques. Il y a ceux où il n’y a pas de doute, ils ont un maître, la laisse en est la preuve ! Mais on en trouve aussi des qui sont transformés en poupées, peluches, c’est le petit chien de sa maman avec des petites couettes attachées par de jolis petits nœuds de couleurs et pour peu que le pauvre petit toutou ait froid on l’affuble parfois de drôles de déguisements. Le comble du ridicule ! Je me demande ce que les chiens libres doivent penser de ces toutous précieux ! Il arrive que tous les chiens de la rue se rassemblent pour faire un concert en plein air, c’est génial surtout la nuit ! Pour s’exprimer, ils s’expriment ! Avec quelques octaves de moins, ce serait encore mieux !

Pour changer de sujet, quelle tchatche ils ont ces Argentins, c’est de vrais moulins à parole avec leur chchchchch. C’est à qui a mis 20ct dans le jukebox, quand ils commencent on ne les arrête plus ! Je ne vous cache pas, parfois c’est soûlant.

Nous prenons cet après-midi le bus pour Buenos Aires (env 18h de route).