Nazca, Ica, Paracas

récit de voyage no 11

Depuis Arequipa il nous faut env. 9 h. 30 de bus pour rejoindre Nazca. Nous grimpons à travers les montagnes  côtières puis traversons des plateaux arides qui s'étirent jusqu'à NAZCA (590 m).

Cette ville poussiéreuse, brûlée par le soleil, doit son renom  à Maria Reich, une mathématicienne allemande qui a consacré une partie de sa vie à des recherches sur les lignes de Nazca. Ces lignes de plusieurs kilomètres,  couvrant 500 km2, restent l'un des plus grands mystères archéologiques du monde.  

 

Constitués de plus de 800 lignes droites, de 300 figures géométriques ainsi que de 70 dessins tels que colibri, singe, baleine, arbre, main, elles ne se distinguent que du ciel. On peut se demander, qui a bien pu tracer ces lignes, à quoi servaient elles ? Et comment faisaient-ils pour se rendre compte de l'avancement des travaux ? Ce n'est qu'en les survolant que l'on peut découvrir l'incroyable réseau de gigantesques figures stylisées et de lignes qui pour la plupart, partent d'un axe central.  Pour Maria ces lignes auraient été réalisées par les cultures de Paracas et de Nazca entre 900 av J.C et 600 de notre ère. Elles auraient constitué un calendrier astronomique utilisé pour l'agriculture. D'autres travaux plus récents prétendent que ces lignes seraient dédiées au culte de l'eau. Une chose est certaine c'est qu'aujourd'hui ce site des lignes de Nasca reste l'un des plus impressionnant et mystérieux du Pérou ancien. 

A Nazca, les touristes peuvent les survoler en avionette (Cessna mono moteur 4 place). Ayant eu passablement d'accidents d'avion ces dernières années, je préfère rester sur la terre ferme et laisser Pascal aller seul faire durant une bonne demie heure une balade dans le ciel au dessus des lignes. 

Le lendemain, nous prenons un bus durant 2 h. 50 pour  ICA (420 m) capitale péruvienne de la vini-viticulture. Curieusement il est difficile d'imaginer que cette ville située au milieu du désert, entourée de hautes dunes de sable fin, puisse faire pousser des vignes et de surcroit être la capitale du pisco.

Il est  13 h. 30, après un bon repas, nous retournons à l'hôtel chercher nos costumes de bain car ici il fait chaud et nous avons l'intention d'aller nous baigner dans une piscine d'un des hôtels qui se trouvent dans la petite oasis de Huacachina. Alors que nous sommes dans notre chambre, soudain tout se met à bouger violemment. Réalisant qu'il s'agit d'un tremblement de terre, sans attendre nous nous précipitons hors de l'hôtel à l'abri de potentiels écroulements d'édifices.  Dans les rues c'est la panique tout le monde coure dans tous les sens, chacun est accroché à son téléphone. Les taxis sont bondés, chacun veut retrouver sa famille. Ceux-ci en profitent d'ailleurs pour monter leur prix. Tous les magasins ferment de peur de se faire vandaliser. La raison de cette grande panique est fort compréhensible. En 2007 la région d'ICA a subis un séisme dévastateur d'amplitude 7.9 sur l'échelle de Richter, qui a duré plus de 3 min, faisant plus de 500 victimes et détruisant et endommageant de nombreux édifices coloniaux. Les souvenirs de ce drame resurgissent. Bien que ICA soit la région du Pérou la plus active "sismiquement" parlant, les habitants n'ont plus ressenti  la terre trembler si violemment depuis 2007. Nous apprenons que la plus forte secousse que nous ayons subie a atteint 6.9 sur l'échelle Richter, heureusement elle fut de courte durée. Durant 24h nous aurons régulièrement droit à des secousses plus ou moins violentes accompagnées de coupures d'électricité. Durant tout ce temps nous sommes sur le qui vive, prêt à courir dehors à tout instant. Ce n'est pas très confortable et nous nous rendons compte que nous sommes bien peu de chose face à la puissance de la nature.  Heureusement il y a eu plus de peur que de mal, puisque le décompte final ne rapporte qu'un décès et quelques blessés superficiels ainsi que quelques centaines de sans abris. Certaines maisons sont construites d'une manière si précaire que ce n'est pas étonnant qu'elles n'aient pas tenu le coup.

A ce propos, une heure avant cet incident nous nous baladions dans les rues et observions par hasard la cathédrale, près de  la Plazza de Armas, qui avait déjà passablement souffert durant le séisme de 2007. La coupole de celle-ci semblait tenir d'une façon bancale. Une heure après le séisme, cette fameuse coupole a disparu. Vu l'état délabré de beaucoup d'églises à ICA, nous préférons éviter de les visiter, au risque de nous retrouver sous les décombres ! Ce qui est d'ailleurs arrivé en 2007, une église s'est effondrée en pleine messe faisant plusieurs morts. Je ne vous cache pas que depuis le séisme je suis devenue un peu claustrophobe et que j'ai toujours besoin de me trouver près d'une sortie. Le jour suivant le tremblement de terre, nous avons pu apercevoir le passage du président en hélicoptère, venu encourager les habitants d'Ica.

Pour nous remettre de nos émotions mouvementées de la veille et de la nuit, le lendemain matin, nous partons avec notre ami Gilles faire la dégustation des caves de pisco de la région. Ainsi nous avons cette fois une bonne raison de sentir la terre bouger ! Puis  l'après-midi pour retrouver nos esprits embrouillés par le pisco, nous nous baignons enfin dans la  piscine d'un des hôtels du fameux oasis d'Huancachina, celle pour laquelle nous nous préparions hier avant le séisme !

Ensuite nous passerons deux nuits à PARACAS,  petit pueblito touristique pas vraiment joli au bord de la mer. Nous retrouvons nos élément, l'eau et les bateaux. L'attrait principal de cette escale est la visite des islas Ballestas, surnommées les "Galapagos du pauvre". 

En bateau nous découvrons une faune d'une impressionnante diversité. Nous avons la chance en allant sur les Îles, de croiser un immense groupe d'otaries chassant et se pavanant devant les cameras des touristes, à croire que l'office du tourisme les a mandatées pour nous souhaiter la bienvenue.

Sur les îles, à part les otaries et les lions de mer, nous pouvons observer d'importantes colonies d'oiseaux tels que: pingouins de Humboldt, sternes, fous de bassan à pattes grises, pélicans péruviens, cormorans  à pattes rouges, cormorans Guanay, vautours, piques huîtres noirs... qui viennent nicher. Durant tous nos voyages nous n'avons jamais vu une si grande quantité d'oiseaux, c'est impressionant! Notre guide, ornithologue, nous parle de plus d'un million de bêtes. Les îles sont couvertes d'oiseaux qui au fil des ans déposent des couches de fiente (guano), fort utilisé pour ses propriétés hautement fertilisantes. L'après midi nous visitons la réserve national de Paracas. Cette vaste réserve désertique occupe la majeur partie de la Péninsule du même nom.

 

Nous découvrons notre première plage de sable rouge. Quelle  paysage exceptionnel, un vrai tableau. Entre le désert au sable blanc, jaune, la mer bleue remplie d'écume blanche venant  se jeter sur la plage de couleur rouge.

 

Et il est maintenant temps de prendre un bus pour Lima et de découvrir la capitale du Pérou.