Huaraz et la Cordillère Blanche

récit de voyage no 5

Après la phase culturelle,  nous attaquons la phase sportive ! Alors que je commence ce récit, nous pique-niquons à l'abri d'un rocher  dans la Cordillère Noire à env. 4600m.

Huaraz est une ville pas très jolie mais sympa entourée de montagnes. Elle se trouve à 3200 m. dans une vallée séparant la Cordillère Blanche de la Cordillère Noire. En fait la Cordillère Noire n'est pas vraiment noire, en ce moment elle serait plutôt blonde, les prairies la couvrants sont sèches et de couleur jaune. Elles varient entre vert et jaune suivant la saison. Quant à la Cordillère Blanche, elle tient son nom de ses sommets enneigés. Malheureusement elle n'est plus aussi spectaculaire qu'elle l'a été, dû au réchauffement climatique la neige a bien fondu ces dernières années. Du fait de leur situation sous les tropiques, il semblerait qu'ici les glaciers reculent encore plus rapidement que dans nos Alpes.

 

La beauté du voyage c'est aussi sa magie, ses rencontres. Grâce à Inez nous sommes accueillis chaleureusement dans sa famille et pouvons loger dans l'hôtel familial même si celui-ci est en ce moment fermé car ils n'attendent plus de groupes touristiques pour la saison. Nous avons une jolie chambre et l'hôtel rien que pour nous, quel luxe ! et en plus les tantes, oncles, cousines d'Inez sont  sympathiques.  A peine arrivés que déjà nous avons droit au plat typique de Huaraz, le "Pachamanca" (différents aliments posés directement  sur des pierres qui ont été préalablement surchauffées par un feu, le tout protégé par de grandes feuilles recouvertes de terre, ceci pendant environ une demie heure, ainsi les aliments sont cuits séparément  à l'étouffée).  Nous avons eu le privilège de partager ce repas typique en famille. C'est d'ailleurs le grand père d'Inez qui s'est occupé de la préparation du feu et de la cuisson des aliments.  Le grand père est un petit bonhomme de plus de 80 ans mais semble être une force de la nature. Chez Inez beaucoup de ses 6 oncles et tantes ainsi que sa maman  ont suivi les traces du papa, soit guide touristique soit guide de montagne. Ce papa a gravit les plus hauts sommets péruvien (dont entre autres le Huascara 6780m ). A l'époque ces ascensions étaient bien plus aventureuses qu'elles ne le sont aujourd'hui. Depuis lors le matériel a bien évolué, facilitant ainsi les camps d'altitude et allégeant grandement les sacs. Ce qui explique également la forte augmentation de la fréquentation des sommets.

 

Faire des treks en altitudes demande une acclimatation lente si on ne veut pas souffrir du mal des montagnes. Tout comme en plongée, il faut respecter les paliers.  Chacun est plus ou moins sensible à l'altitude. Pascal semble s'acclimater bien plus rapidement que moi. Voilà deux fois que nous faisons des treks à plus de 4500 m. et chaque fois je redescend avec un terrible mal de tête et des nausées. J'ai beau boire du thé de maté, et d'autres mixtures telles que de l'eau mélangée à la farine de coca (beurk...), ou mâcher des feuilles de coca, pour l'instant rien n'y fait. Il faut de la patience. Il faut dire que jusqu'à présent nous n'avons fait que deux courses. Notre première excursion d'acclimatation et d'entrainement nous a menés au lagon Churup, lac à 4485 m d'altitude. La montée se passe sans problème sur un sentier facile. Nous faisons 600m en montée et 1000m en descente de dénivelée, traversant de beaux paysages. Arrivée en bas j'ai des terribles douleurs de tête et des nausées.

Puis deux jours après nous décidons de passer une nuit dans un refuge à 4200m qui se trouve dans la cordillère noire. Ici le paysage est magique, on sent des ondes spéciales. Nous sommes un petit groupe de jeunes (à par nous bien sur !) tous très sympathiques, Liban, Hongrie, Slovaquie, Allemagne, Brésil, Argentine, Suisse (3 la majorité !) Pérou sont représentés. Tous des grimpeurs et voyageurs. Ici c'est également un lieu de grimpe. Malheureusement après une mini balade de 400 m au dessus du refuge, en descendant je ressens à nouveau de forts maux de têtes et nausées, il faut que je me mette rapidement en position allongée, je bois du mate puis lorsque les jeunes rentrent de la grimpe l'un d'entre eux me met dans la bouche une poignée de feuilles de coca que je mâche pendant 1/4 d'heure et tout d'un coup je suis à nouveau d'attaque. Cependant malgré la bonne ambiance et ce lieux magique, nous décidons   qu'il est plus sage de redescendre à 3100 m. et c'est le coeur gros que nous rentrons à Huaraz.  

Le lendemain pour me remettre de mon mal de montagne, nous allons aux bains thermaux de Chancos à env 3/4 d'heures de Huaraz. Nous sommes cette fois tout ramollis mais ce n'est pas dû à l'effort mais au sauna et au bain chaud, quel régal. Après une semaine de balades à différentes altitudes traversant des paysages tous aussi splendides les uns que les autres,  je suis enfin acclimatée.

 

Pascal tel un cabri monte les montagnes à toute allure à croire qu'il était un chamois dans une vie antérieure et moi peut-être un dindon qui sait ! Sur sa lancée, Pascal décide de faire l'ascension du Vallunaraju à 5686m. Il part pour deux jours  avec Coco un guide, Diana son amie  et Cédric un jeune suisse de Bex. Pendant ce temps je profite pour m'imprégner un peu de la culture entre autres des "campesinos/indiens". Ces indigènes qui me fascinent. Ce que les femmes sont jolies avec leurs longues tresses, leurs jupes et leur chapeau, elles ressemblent à des poupées. Certaines vont jusqu'à mettre 12 jupons sous leur jupe (non !  je ne suis pas allée vérifier !)  on dirait des danseuses en tutus multicolores. Quel contraste lorsque l'on croise l'une d'elle chargée tel un mulet d'un énorme ballot d'herbe sur le dos et qui téléphone avec son portable ! Cela donne l'impression d'avoir sauté une étape.

 

Aujourd'hui en marchant  dans une des allés de Huaraz, j'ai vu des écrivains publics dans la rue avec devant eux sur une petite table bancale leur vielle machine à écrire. C'est déjà quoi une machine à écrire ? Je suis sûr que beaucoup de jeunes aujourd'hui de part chez nous n'en n'ont jamais vues ! Et pourtant finalement cela ne fait pas si longtemps que nous en utilisions.

Ici, une des grandes spécialités culinaires dont les péruviens raffolent c'est le cuy (prononcé couille!) cochon d'inde en français. Parfois les appellations peuvent porter à confusion ! Je n'ai pas eu autant de courage que Pascal et n'ai pas encore goûté à ce met qui parait il, est plein de vitamines. Chaque fois que je vois un cuy dans une assiette,  j'ai l'impression que ce pauvre Pipo (mon cochon d'inde) a fait un vol plané et se retrouve les quatre fers en l'air dans le plat. Peut être ai-je une imagination trop débordante va savoir ? mais je me passerais de ce genre de vitamines. Avis, si vos enfants et petits enfants ont un cochon d'inde et que durant les vacances vous cherchez à le mettre en pension, nous vous déconseillons vivement de le donner à une famille de péruviens, au risque de le voir finir dans une casserole !

 

Demain, nous partons pour quatre jours, accompagné d'un muletier faire un trek dans la Cordillère Blanche.