L'Amarre historique

15 avril 2005

*  L’Amarre 29

LE journal du bord qui paraît quand et il peut !

 

L’EDIT’EAU

    paraît quand et il peut !

  Peut-être ne faites vous plus attention à cette petite remarque de notre titre, mais vous l’avez certainement déjà remarquée !

Et en tous les cas, elle s’applique très bien à ce numéro, puisque partis mi-décembre de TiTOM, nous y laissons par sécurité l’ordinateur et nous retrouvons donc dans l’impossibilité de préparer notre journal.

A notre retour à bord début mars, nous nous attaquons de front aux travaux d’entretien de TiTOM et à ce présent numéro, ceci expliquant cela !

Et donc pour une fois, ce n’est pas à la situation politique ou géographique qu’il faut imputer le retard de ce présent numéro, mais plutôt aux trop nombreuses occupations de l’équipage !

Mais enfin, de nos jours où la proximité semble partout exister, il fallait bien encore garder une raison d’être à notre slogan

    paraît quand et il peut !

 TiTOM       

MAIS OÙ SONT-ILS DONC ?

TiTOM se trouve toujours à Opua (Nouvelle-Zélande) et ceci jusqu’à environ mi-mai, attendant la fin de la période des cyclones.

 Les antipodes, c’est comment ?

D’une surface de plus de 6 fois celle de la Suisse, la Nouvelle-Zélande ne compte que 4 millions d’habitants, dont le tiers vit à Auckland. Alors que la population d’origine maorie a failli s’éteindre après l’arrivée des premiers européens il y a deux siècles, de nos jours près de 15% des néo-zélandais s’identifient comme maoris.

Si Wellington est la capitale du pays, Auckland elle, est surnommée « capitale du Pacifique Sud », 6% de sa population provenant des petites nations des îles, représentant ainsi plus d’îliens en Nouvelle-Zélande que dans leur propre pays.

Avec également plus de 13% de ses habitants d’origine asiatique, cette forte immigration forme ainsi d’Auckland une communauté multiculturelle.

En dehors du Grand Auckland et de la région de Wellington avec Hutt Valley, l’île du nord ne comporte qu’une autre ville de plus de 100'000 habitants, Hamilton ; alors que celle du sud n’en comporte que deux, Christchurch et Dunedin.

Le contraste entre l’île du nord et celle du sud est grand. Sitôt quitté Picton, port d’arrivée du ferry traversant depuis Wellington, la circulation se fluidifie. Les distances entre lieux habités s’agrandissent, et il faut commencer à se méfier des pannes sèches (du moins lorsque l’on roule au gaz,  toutes les stations-service n’offrant pas ce service). Cependant, ne croyez pas qu’ici le touriste soit denrée rare, les bus-camping croisés sur ces routes du sud étant presque aussi nombreux que les autres véhicules !

Les hôtels pour « backpackers » ne sont pas en reste, offrant aux nombreux jeunes touristes étrangers ou kiwis des chambres et dortoirs accessibles à leur budget, alors que les chaînes de campings se disputent les faveurs des vans et autres tentes.

Pas étonnant, lorsque l’on sait que le tourisme est la deuxième activité du pays, après bien sur l’agriculture. Plus touristique que celle du nord, l’île du sud, à juste titre d’ailleurs, est égale-ment réputée pour sa laine et sa viande, les troupeaux de moutons (environ 50 millions de têtes en NZ) s’étendant à l’infini sous les yeux du conducteur, qui doit lutter pour ne pas s’endormir !

Depuis quelques années, la culture de la vigne progresse en Nouvelle-Zélande. Les micros-climats de certaines régions favorisent vergers et vignobles, en particulier à Hasting et Martinborough  dans  le nord et Nelson dans le sud. Mais les « kiwis » sont encore très amateurs de bière, et en regard des prix pratiqués, sortis du Sauvignon blanc la grande spécialité du pays, les crus locaux ont encore de gros efforts à accomplir pour soutenir la comparaison, à qualité/prix égaux, avec leurs homologues du monde entier !

Par contre, les paysages sont saisissants, et si les Alpes du Sud ne sauraient surprendre les alpinistes européens, elles n’en restent pas moins spectaculaires ! Les langues terminales des deux grands glaciers s’écoulant du Mont Cook, Fox Glacier et Franz Joseph Glacier, descendent jusqu’à une altitude d’environ 500 mètres, à moins de 20 km de la mer de Tasmanie.

Plus au sud, le Fjordland avec ses baies très découpées acces-sibles qu’en bateau, est l’un des quatre grands parcs nationaux qui occupent le sud-ouest de l’île du sud. Si vous bénéficiez d’un jour de beau temps (Milford Sound reçoit plus de 6 mètres de précipitations annuelles) vous pourrez alors admirer les nombreuses cascades tombant à pic de plusieurs centaines de mètres dans les eaux calmes de ces fjords.

Mais l’une des attractions touristiques les plus prisées reste la nature et sa faune sauvage : pingouins, albatros, otaries, lions de mer, dauphins, gannets (fous de bassan), sur la côte Est tout est organisé pour l’obser-vation discrète de cette vie animale.

La randonnée, ou tramping comme on l’appelle ici, est également très prisée des touristes de tous âges. A tel point que, pour certains parcours de plusieurs jours, il faut réserver longtemps à l’avance, les places dans les cabanes du « DOC » étant limitées (DOC, Department Of Conservation, entité s’occupant des parcs nationaux et véritable institution nationale).

La Nouvelle-Zélande, c’est encore la géothermie : volcans, geysers, sources d’eau chaude et autres phénomènes naturels, qui sont bien exploités. Chaque semaine, la région de Wellington enregistre en moyenne deux tremblements de terre, rappelant que la ligne de chevauchement des plaques Pacifique et Indo-Australienne passe sous l’île du sud et le long de la côte est de l’île du nord.

Autre point caractéristique de la Nouvelle-Zélande d’aujourd’hui, c’est une nation sportive où, en dehors du rugby et des sports nautiques, de nombreux autres passe-temps de plein-air ont la faveur du public.

LES AVENTURES DE TiVAN

 A peine arrivé en Nouvelle Zélande, nous achetons un van Toyota d’occasion. Malgré la demande de nos éditeurs préférés d’appeler notre véhicule TITEUF TEUF, nous préférons le baptiser TiVAN. Si il ne nous a pas coûté cher, pas de miracle, il n’est donc pas de première jeunesse. En fait il est de la même année que TiTOM, 1984 ! et fonctionne au LPG (soit au gaz). Entre nous soit dit, c’est peut-être écologique mais pas vraiment terrible, surtout avec sa faible autonomie de 300km, un des propriétaires précédents ayant eu la bonne idée de se débarrasser du tank de diesel. Donc pas le droit à l’erreur. Au tout début nous pensions que nous avions une autonomie de 500 km. Alors que nous escaladons une colline, TiVAN commence à faire du rodéo et nous comprenons que nous tombons en panne sèche. Seulement voilà pas moyen de prendre un bidon et faire du stop. Aussi  téléphonons-nous à un ami pour qu’il nous remorque jusqu’à la prochaine station à plus de 15 km. Les distances en Nouvelle Zélande sont autrement plus étendues qu’en Suisse !  Petit à petit nous apprivoisons TiVAN mais non sans peine. Et c’est ainsi que le TiTOM ‘s team se transforme en TiVAN‘s team, en route de par les chemins kiwis. Nous parcourons  plus de 7000km en passant de l’extrême Nord de l’île du Nord à l’extrême Sud de l’île du Sud.   

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Un TiVAN blanc qui nous en fait voir de toutes les couleurs !

Rotorua, 500km d’un coup, aie aie aie, c’est beaucoup pour TiVAN

 Après un coup de téléphone à P., que nous ne connaissons pas, plus une minute à perdre car il nous propose du travail chez lui à Rotorua, à 500 km d’Opua. Nous fermons le bateau et c’est parti pour de nouvelles aventures.

Nous n’avons aucune idée chez qui nous allons ni ce que nous allons y faire, mais nous y allons d’un pas ferme ! Après environ 300 km de route, un bruit suspect de casserole se fait entendre.  Branle-bas de combat, nous nous arrêtons et découvrons que le moteur n’a plus une seule goutte d’huile (après cette expérience, nous vérifierons chaque matin, et tous les 1000 km devrons rajouter 1lt d’huile).

Quelques 100 km plus loin, nous entendons à nouveau un bruit étrange différent du précédant, style marmite a vapeur… Comme vous l’aurez deviné, cette fois c’est de l’eau qu’il s’agit, notre vieille teuf teuf est asséchée, décidément elle ne supporte pas les longs trajets, cela promet. Après remplissage, elle nous refait le coup de l’eau 50km  plus loin, mais cette fois nous sommes en pleine montée loin de tout et n’avons plus d’eau pour apaiser sa soif !

Nous décidons d’arrêter une voiture pour demander de l’aide. Quelle chance, très rapidement un van rempli de touristes chinois tout sourire s’arrête. Chacun nous offre sa  bouteille d’eau pour nous dépanner.

Et c’est à ce moment là que nous découvrons que TiVAN  est un van de luxe, car nous avons une douche chaude à bord. En fait lorsque Pascal s’apprête à remplir le radiateur encore chaud, il se fait évidemment arroser !

C’est pas tout mais nous avons rendez-vous avec P. et D., qui nous attendent et doivent se faire du soucis. Aussi nous leur téléphonons en leur expliquant notre retard, leur précisant que malgré un petit problème de moteur, nous arrivons tout soudain.

D. interprète notre appel : « Ils sont arrivés au lieu de rendez-vous et ont un problème de batterie», et envoie sa fille qui doit chercher un van blanc avec un couple a l’intérieur. Mais elle revient bredouille¨à  la maison,  car  si elle a bien vu un van blanc avec un couple, ce n’était pas le bon ! Et lorsque elle leur demande de la suivre, le couple kiwi tout surpris n’y comprend rien ! 

Peu après, nous arrivons enfin au lieu de rendez-vous et téléphonons comme prévu, et sa fille revient nous chercher. A peine arrivés à la maison, D. nous reçoit les bras ouverts en s’exclamant « mais vous êtes jeunes ! », en fait elle nous imaginait vieux.  Et le comble, c’est que D. a 3 jours de plus que Christa et P. 6 mois de plus que Pascal.

Napier : comment fait-on pour entrer dans le van ?

C’est les vacances scolaires et les campings sont remplis. Exceptionnellement nous passons une nuit dans un camping, histoire de prendre une douche et de faire la lessive.

Nous avons pour habitude de toujours fermer le van à clé lorsque nous le quittons. En revenant des douches, Pascal cherche désespérément la clé mais « niet » impossible de rentrer dans notre van. La seule solution est de forcer la porte. C’est seulement après ¾ heures d’efforts que Pascal, à l’aide d’un fil de fer enfilé par le haut de la vitre, arrive à ouvrir une porte.

Le comble de cette histoire c’est que la clé n’était pas restée dedans comme nous le supposions, mais était tombée à terre. Peu après, nous la retrouvons dans l’herbe à 50m du van, la voiture qui s’était garée dessus étant repartie !

Hasting : après une dure journée de travail…

Après une dure journée de cueillette de pommes, crevés, nous  nous apprêtons à rentrer. Le verger est grand.  Pascal fait marche arrière et tout d’un coup notre van se transforme en fusée et se met en position décollage. « Veuillez attacher vos ceintures nous allons décoller dans quelques minutes » ! Position étrange et peu confortable, nous ne voyons plus la route mais le ciel. Eh oui comme vous l’avez deviné, TiVAN s’est fait un fossé par l’arrière…  et se retrouve non pas les 4 fers en l’air mais les 2 roues d’avant en l’air… C’est tout juste si on arrive à évacuer le van tant il est en pente. Impossible de s’en sortir tout seul. Heureusement que nous avons un téléphone et que nous pouvons appeler notre boss, qui s’empresse de venir à notre secours. Et comme son 4x4 ne suffit pas, nous avons besoin de l’aide  supplémentaire d’un tracteur.

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Bien sûr nous avons pris des photos qui sont devenues célèbres puisque la société où nous travaillions en a fait un poster. Une manière comme une autre de devenir connus, si seulement cela rapportait plus que les pommes ! Au moins nous n’avons pas fait un fossé pour des prunes.

Kaikorua : les  effets de la douche sont courts !

Voici quatre jours que nous n’avons plus pris de douche, il est temps de se laver et aujourd’hui, la priorité  s’appelle DOUCHE. Comme nous n’avons pas envie de passer la nuit dans un camping, nous payons juste pour prendre une douche, que nous savourons, puis repartons à l’aventure.

«  Tiens ça a l’air sympa au bord de la rivière, et si on  y restait pour la nuit ».  Bonne idée ! du moins on le croyait. Car à peine descendu vers la rivière que TiVAN s’embourbe dans le gravier. Impossible de le sortir de là. Et nous qui venions de prendre une douche, maintenant nous sommes sous le van à creuser, et creuser, sans succès, inutile de vous dire que l’effet de la bonne douche a rapidement disparu. De la tête aux pieds, nous sommes couverts de poussière. Par chance, nous ne sommes pas loin d’une habitation, et à nouveau demandons de l’aide. Cette fois-ci, un 4x4 est suffisant. Ce qui nous  rassure c’est qu’apparemment nous ne sommes pas les seuls à trouver l’endroit charmant pour camper, et à y rester scotchés !

Kurow : une visite inattendue !

Etape propreté, à Kurow nous passons la nuit dans un camping, quasiment désert. Ce matin, le réveil est plutôt original. Alors que tout tranquillement nous nous réveillons, nous entendons un drôle de bruit. « Tiens on dirait un animal, cela doit être dehors ?! » A peine dit que Pascal voit traverser au niveau de ses épaules… une SOURIS. En une minute et demi tout le van est sans dessus dessous, nous sortons tout, à croire que nous faisons les nettoyages de printemps… Ah ces suisses, ils sont tellement maniaques qu’à peine levés (7h du matin) ils nettoient déjà ! Rassurez-vous, la souris n’a pas continué le voyage avec nous, voyant le ramdam que nous faisions, elle a préféré prendre ses pattes à son cou et décidé, à notre grand soulagement, que ce n’était pas un bon plan de voyager avec nous !

Milford Sound : TiVAN nous boude

Notre pauvre pétrolette de TiVAN est de nature fragile, lorsqu’il fait un peu froid, il est pire que le captain et ne veut rien savoir. Comme il fonctionne au gaz, il lui faut une température minimum sinon il fait la gueule. TiVAN est un peu capricieux.

Alors que nous voulions partir tôt le matin pour aller visiter le Milford Sound, TiVAN ne veut rien savoir. Heureusement que nous voyageons depuis quelques jours avec nos amis du bateau NAHANNI qui, voyant le mauvais caractère de TiVAN, proposent gentiment de nous emmener avec leur véhicule visiter  le Milford Sound.

Et ce n’est qu’à notre retour dans l’après-midi, lorsque la température est un peu montée, que TiVAN daigne nous répondre.

Moeraki : le captain se transforme en Hercule

Imaginez : nous venons de parquer TiVAN sur une pente de 30°, nous sortons et nous apprêtons à aller observer les pingouins, quand tout d’un coup nous voyons TiVAN qui se fait la malle. Le « captain » se prend pour Hercule, et essaye de toutes ses forces de stopper la descente de notre van pendant que la mousse tente en vain de sortir les clés de la poche de Pascal pour ouvrir la porte et tirer le frein à main. Que d’émotions ! Dans un moment d’égarement, le chauffeur au lieu de mettre la marche avant et le frein à main, a conservé la marche arrière sans mettre le frein à main !

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